Maître Lucas Gronchi – Droit des Affaires

Avocat au Barreau de Marseille

aerial photography of shore and body of water

Holding patrimoniale : la nouvelle taxe 2026 à connaître

La loi de finances pour 2026 a instauré une nouvelle taxe visant certaines holdings patrimoniales. Très commentée et redoutée dans sa version initiale, elle a finalement été profondément recentrée au cours des débats parlementaires : son champ d’application est aujourd’hui bien plus étroit qu’annoncé. Pour les dirigeants concernés, il est essentiel de savoir qui est réellement visé — et qui ne l’est pas.

Une taxe née de la loi de finances 2026

La taxe résulte de l’article 7 de la loi n° 2026-103 du 19 février 2026 de finances pour 2026, et figure au nouvel article 235 ter C du Code général des impôts. Il s’agit d’une imposition annuelle assise sur la valeur vénale de certains actifs détenus par les holdings dites patrimoniales. Elle s’applique aux exercices clos à compter du 31 décembre 2026, la première taxation intervenant donc au printemps 2027.

D’un projet large à une taxe recentrée

Comprendre cette taxe suppose d’en connaître la trajectoire. Le projet initial, déposé à l’automne 2025, prévoyait une taxe de 2 % frappant l’ensemble des actifs non affectés à une activité opérationnelle des holdings patrimoniales — y compris la trésorerie et les actifs financiers. Cette version large a suscité une forte opposition, notamment de la part des dirigeants dont la holding loge une trésorerie destinée au réinvestissement.

Un amendement a tout changé : le taux a été porté à 20 %, mais l’assiette a été considérablement resserrée, pour ne plus viser que des biens dits somptuaires. C’est cette version, plus ciblée, qui a finalement été adoptée.

Qui est concerné ?

La taxe vise les holdings patrimoniales, c’est-à-dire, schématiquement, des sociétés soumises à l’impôt sur les sociétés, à prépondérance de revenus passifs — plus de la moitié de leurs produits provenant de dividendes, de placements ou de participations —, contrôlées à hauteur d’au moins 50 % par une personne physique, et détenant un patrimoine significatif. À l’inverse, une véritable holding animatrice, qui participe activement à la conduite de la politique de ses filiales, a vocation à échapper au dispositif. Toute la difficulté tient à cette qualification, appréciée par un faisceau d’indices : convention d’animation, participation effective à la stratégie, prestations intragroupe.

Quels actifs sont réellement taxés ?

C’est le point décisif. Seuls sont taxés les biens somptuaires, non affectés à une activité économique réelle, limitativement énumérés par la loi : yachts et bateaux de plaisance, aéronefs, véhicules de tourisme non affectés à l’activité, métaux précieux, vins et spiritueux de collection. S’y ajoutent les logements dont l’associé personne physique se réserve la jouissance, qu’ils soient occupés gratuitement ou loués à un prix inférieur à celui du marché. La taxe de 20 % s’applique alors à la valeur vénale de ces biens.

Ce qui n’est finalement pas visé

Contrairement aux craintes initiales, plusieurs catégories d’actifs sont exclues de la taxe : la trésorerie et les actifs financiers non affectés à l’activité, les œuvres d’art et objets d’antiquité, ainsi que l’immobilier donné en location à des conditions normales de marché. Pour la grande majorité des holdings — celles qui se bornent à détenir des participations, de la trésorerie ou de l’immobilier locatif au prix du marché —, la taxe ne s’applique donc pas.

L’enjeu réel : la vigilance sur l’assiette

Le principal risque n’est pas d’être massivement taxé, mais qu’un actif tombe par inadvertance dans l’assiette : un logement occupé gratuitement par l’associé, un véhicule de tourisme ou un bateau de plaisance logé dans la structure. La loi assoit par ailleurs la taxe sur la valeur des biens au titre de l’exercice clos à compter du 31 décembre 2026, ce qui laisse une marge de manœuvre pour sortir, en amont, ces actifs du bilan de la société. La distinction entre holding animatrice et holding passive devient enfin un enjeu transversal, qui dépasse cette seule taxe et rejaillit sur d’autres dispositifs comme le pacte Dutreil.

En pratique

Cette taxe étant très récente, technique et encore susceptible d’interprétations, une revue patrimoniale ciblée s’impose pour les holdings concernées : identifier les actifs exposés, vérifier la qualification de la structure et, le cas échéant, sécuriser ou restructurer les schémas de détention avant la clôture de l’exercice.

Vous détenez une holding et souhaitez évaluer votre exposition à cette nouvelle taxe ou sécuriser votre structure ? Je vous propose un premier échange téléphonique gratuit pour faire le point. Contactez le cabinet au 07 68 06 38 37 ou à l’adresse lucas.gronchi@avocat.fr.


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