Maître Lucas Gronchi – Droit des Affaires

Avocat au Barreau de Marseille

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La garantie légale de conformité : comment l’utiliser concrètement ?

Acheter un produit neuf ne signifie pas devoir supporter seul les conséquences d’une panne ou d’un défaut. La garantie légale de conformité protège le consommateur lorsqu’un bien ne fonctionne pas comme prévu ou ne correspond pas à ce qui était annoncé. Gratuite et automatique, elle reste pourtant largement sous-utilisée, souvent parce que les vendeurs orientent les clients vers une extension de garantie payante ou vers le fabricant. Voici comment la faire jouer.

Une garantie gratuite, automatique et due par le vendeur

La garantie légale de conformité s’applique pendant 2 ans à compter de la délivrance du bien. Elle couvre les biens neufs comme les biens d’occasion et, depuis la réforme de 2022, s’étend aussi aux contenus et services numériques.

Deux points essentiels, souvent méconnus. D’abord, cette garantie est due par le vendeur, et non par le fabricant : le professionnel qui vous a vendu le bien est votre seul interlocuteur et ne peut pas vous renvoyer vers le constructeur. Ensuite, elle est d’ordre public : aucune clause du contrat ne peut l’écarter ou la réduire.

La présomption qui joue en votre faveur

C’est l’atout majeur du dispositif. Tout défaut qui apparaît dans les 24 mois suivant la livraison d’un bien neuf est présumé avoir existé au moment de l’achat. Concrètement, vous n’avez rien à démontrer : c’est au vendeur, s’il conteste, de prouver que le défaut n’existait pas à la livraison.

Pour un bien d’occasion, cette présomption est ramenée à 12 mois. Au-delà, la charge de la preuve pèse de nouveau sur l’acheteur.

Vos recours, dans l’ordre

Face à un bien non conforme, vous pouvez d’abord demander, à votre choix, la réparation ou le remplacement du produit. Cette mise en conformité doit intervenir sans frais et dans un délai maximum de 30 jours suivant votre demande. Le vendeur ne peut refuser l’option choisie que si elle est matériellement impossible ou d’un coût manifestement disproportionné par rapport à l’autre.

Si la réparation comme le remplacement sont impossibles, si le vendeur refuse ou tarde à s’exécuter, vous pouvez alors demander soit une réduction du prix (vous gardez le bien et récupérez une partie de la somme), soit la résolution de la vente (vous rendez le bien et vous faites intégralement rembourser). La résolution est toutefois écartée lorsque le défaut est mineur.

Les avantages issus de la réforme de 2022

La réforme a renforcé la protection sur deux points utiles. Lorsqu’un bien est réparé au titre de la garantie légale, celle-ci est prolongée de six mois : sa durée passe donc de 24 à 30 mois. Et lorsque le bien est remplacé, un nouveau délai de garantie de deux ans recommence à courir sur le produit neuf.

Les pièges les plus fréquents

Trois arguments reviennent régulièrement pour vous décourager, et aucun ne tient. « La garantie est expirée » : le vendeur confond souvent avec la garantie commerciale, qui est facultative ; la garantie légale de 2 ans est indépendante et s’applique en plus. « C’est de votre faute » : pendant les 24 premiers mois, ce n’est pas à vous de prouver quoi que ce soit. « Adressez-vous au fabricant » : c’est le vendeur qui reste responsable.

Il faut aussi distinguer la garantie légale de conformité de la garantie des vices cachés du Code civil : les deux régimes sont indépendants, et vous pouvez choisir celui qui vous est le plus favorable.

En cas de refus du vendeur

Si le professionnel refuse de coopérer, adressez-lui une mise en demeure par lettre recommandée avec accusé de réception, en visant les articles L. 217-1 et suivants du Code de la consommation. À défaut de réponse, vous pouvez saisir le médiateur de la consommation, puis le tribunal. Lorsque le bien est coûteux, que le défaut a causé un préjudice important ou que le vendeur campe sur sa position, l’assistance d’un avocat permet de chiffrer votre préjudice et d’engager efficacement la responsabilité du vendeur.

Un vendeur refuse d’appliquer la garantie sur un produit défectueux ? Je vous propose un premier échange téléphonique gratuit pour examiner votre situation. Contactez le cabinet au 07 68 06 38 37 ou à l’adresse lucas.gronchi@avocat.fr.


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