Maître Lucas Gronchi – Droit des Affaires

Avocat au Barreau de Marseille

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Saisie sur compte bancaire : vos droits et vos recours

Découvrir son compte bancaire bloqué du jour au lendemain, sans avoir reçu le moindre avertissement, provoque toujours un choc : la carte est refusée, les prélèvements rejetés, le loyer impayé. Pourtant, la saisie-attribution obéit à des règles strictes, et le débiteur dispose de protections et de recours bien réels. Encore faut-il les connaître et réagir vite.

La saisie-attribution : comment ça marche

Un créancier muni d’un titre exécutoire — un jugement, un acte notarié — peut faire saisir les sommes figurant sur vos comptes bancaires. La procédure passe par un commissaire de justice (l’ancien huissier), qui signifie l’acte de saisie directement à votre banque. Celle-ci bloque alors immédiatement les sommes disponibles, à hauteur du montant réclamé.

Deux caractéristiques déstabilisent souvent : la saisie intervient sans avertissement préalable — la loi joue l’effet de surprise pour éviter que le compte ne soit vidé —, et votre banque n’y est pour rien : elle ne décide pas la saisie, elle la subit comme vous. Le blocage s’accompagne d’un délai, en général de quinze jours, permettant d’apurer les opérations en cours.

Le solde bancaire insaisissable : un minimum vital protégé

C’est la première protection, automatique. La banque doit obligatoirement laisser à votre disposition une somme minimale à caractère alimentaire, le solde bancaire insaisissable (SBI), prévu par le Code des procédures civiles d’exécution. Ce montant correspond au RSA socle pour une personne seule — de l’ordre de 650 € en 2026 — et il est revalorisé chaque année. Il reste disponible quelle que soit la nature de la dette, mais ne s’applique qu’une seule fois, sur un seul compte.

Les sommes insaisissables par nature

Au-delà de ce minimum, certaines sommes sont insaisissables par leur nature même : le RSA, les allocations familiales, l’allocation aux adultes handicapés, le minimum vieillesse, les pensions alimentaires, ou encore certaines indemnités. Si de telles sommes figurent sur votre compte au moment de la saisie, vous pouvez en demander la mise à disposition en justifiant de leur origine — par exemple au moyen de vos relevés de la CAF. La banque doit alors les débloquer.

Vous devez être informé : l’acte de dénonciation

Vous n’êtes pas prévenu avant le blocage, mais vous devez l’être juste après. Le commissaire de justice est tenu de vous adresser un acte de dénonciation dans un délai de huit jours suivant la saisie. Ce document doit mentionner l’identité du créancier, le montant réclamé (capital, intérêts et frais), la référence du titre exécutoire et vos possibilités de contestation. Si cette dénonciation arrive hors délai, ou si aucun titre exécutoire valable ne soutient la mesure, la saisie peut être caduque et les sommes bloquées doivent être restituées.

Contester : un mois, pas un jour de plus

C’est le point le plus important. À compter de la réception de l’acte de dénonciation, vous disposez d’un délai d’un mois pour contester la saisie devant le juge de l’exécution du tribunal judiciaire. Ce délai est un délai de forclusion : passé ce terme, aucune contestation n’est plus recevable, même si la saisie était irrégulière. C’est la raison pour laquelle il faut réagir dès la réception de l’acte.

Plusieurs motifs peuvent fonder la contestation : l’absence de titre exécutoire valable, une dette prescrite, le non-respect du solde insaisissable ou des sommes insaisissables par nature, une erreur sur le montant réclamé, ou un vice de procédure. Attention toutefois : la contestation suspend le paiement au créancier, mais pas nécessairement le blocage du compte tant que le juge ne s’est pas prononcé.

Les solutions pour débloquer votre compte

Plusieurs voies existent, parfois cumulables : régler la dette pour obtenir la mainlevée, négocier avec le créancier un échéancier en contrepartie de la levée de la saisie, contester en justice lorsque la mesure est irrégulière, ou, en cas de difficultés durables, déposer un dossier de surendettement — dont l’ouverture permet, sous conditions, de suspendre les mesures d’exécution. Il faut par ailleurs garder à l’esprit qu’un même créancier peut renouveler les saisies jusqu’à l’extinction complète de la dette.

En pratique

Face à une saisie sur compte, trois réflexes s’imposent : agir sans attendre, le délai d’un mois étant fatal ; vérifier que le solde insaisissable et les sommes insaisissables par nature ont bien été préservés ; et conserver précieusement l’acte de dénonciation, qui conditionne tout recours.

Votre compte bancaire a été saisi et vous vous interrogez sur vos droits ou sur la régularité de la procédure ? Je vous propose un premier échange téléphonique gratuit pour examiner votre situation. Contactez le cabinet au 07 68 06 38 37 ou à l’adresse lucas.gronchi@avocat.fr.


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