Maître Lucas Gronchi – Droit des Affaires

Avocat au Barreau de Marseille

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Que sont les certificats médicaux de complaisance ?

Un arrêt de travail obtenu un peu trop facilement, un certificat médical délivré sans véritable examen, ou encore un document établi pour rendre service : ces situations, parfois banalisées, peuvent en réalité poser de sérieux problèmes juridiques. Le certificat de complaisance expose en effet celui qui l’établit comme celui qui l’utilise à des sanctions lourdes. Mise au point.

Qu’est-ce qu’un certificat de complaisance ?

Un certificat médical est un document par lequel un médecin atteste de faits d’ordre médical qu’il a personnellement constatés. Le certificat de complaisance est celui qui s’écarte de cette exigence : il atteste de faits que le médecin n’a pas constatés, ou qu’il sait inexacts, ou qui sont délivrés sans examen réel du patient, souvent pour lui rendre service ou lui procurer un avantage indu. En clair, il ne reflète pas la réalité médicale mais arrange son destinataire.

La frontière est importante : un médecin peut parfaitement attester de ce qu’il constate, y compris à la demande du patient. Ce qui est prohibé, c’est l’attestation de faits non vérifiés ou mensongers.

Une pratique contraire à la déontologie médicale

Le Code de déontologie médicale interdit expressément au médecin d’établir un certificat de complaisance ou un rapport tendancieux. Un médecin ne doit certifier que ce qu’il a lui-même constaté. La délivrance d’un tel certificat constitue une faute déontologique, qui expose son auteur à des poursuites devant la chambre disciplinaire de l’ordre des médecins, pouvant aller jusqu’à l’interdiction d’exercer.

Les risques pénaux pour le médecin

Au-delà de la sanction ordinale, le certificat de complaisance peut relever du droit pénal. Lorsqu’il atteste de faits matériellement inexacts, il peut être qualifié de faux en écriture, infraction sévèrement réprimée. Le Code pénal sanctionne spécifiquement le fait, pour une personne exerçant une profession médicale, d’établir une attestation ou un certificat faisant état de faits matériellement inexacts. Les peines encourues sont significatives, et s’alourdissent lorsque le document vise à obtenir un avantage indu ou en cas de corruption.

Les risques pour celui qui l’utilise

Le destinataire du certificat n’est pas à l’abri. Celui qui sollicite et utilise sciemment un faux certificat, par exemple un salarié présentant un arrêt de travail injustifié à son employeur, ou un parent produisant un certificat mensonger dans un litige familial, peut être poursuivi pour usage de faux. Dans le cadre du travail, l’usage d’un arrêt de complaisance peut en outre justifier des sanctions disciplinaires, voire un licenciement, et la restitution des indemnités indûment perçues.

Le cas particulier des conflits familiaux et du travail

Deux contextes concentrent ces dérives. Dans les conflits parentaux, des certificats sont parfois produits pour appuyer des accusations ou influencer une décision relative aux enfants ; leur caractère de complaisance, une fois établi, se retourne contre celui qui les a sollicités et fragilise sa position. Dans les relations de travail, l’employeur qui soupçonne un arrêt de complaisance dispose de moyens d’action, notamment la contre-visite médicale, et peut, dans les cas les plus nets, saisir l’ordre des médecins ou la justice.

En pratique

Le certificat de complaisance n’est jamais un service anodin : il engage la responsabilité pénale et déontologique du médecin, et la responsabilité de celui qui l’utilise. Face à un doute sur un certificat, qu’on l’ait reçu, qu’on en conteste un ou qu’on en subisse les effets, une analyse juridique permet d’apprécier les recours et les risques en présence.

Vous êtes confronté à un certificat médical que vous estimez de complaisance, ou mis en cause à ce titre ? Je vous propose un premier échange téléphonique gratuit pour examiner votre situation. Contactez le cabinet au 07 68 06 38 37 ou à l’adresse lucas.gronchi@avocat.fr.


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